Ce n'est pas si loin.

J'ai tellement envie de partir.

Le train semblait m'attendre, patiemment. Je ne me dépechais pas. Le temps s'était comme arrêté, les visages pressés s'étaient figés dans leur élan. Ils n'atteindraient jamais leur train. Je continuais d'avancer, seule, un sac à dos qui faisait deux fois ma taille pour unique compagnie. Je m'approche lentement du wagon, j'ai l'impression que mes jambes mettent dix minutes pour se poser au sol, tout est ralenti en moi. Mon cerveau ne commande plus mes muscles froids automatiquement. Chaque geste devient un effort. J'atteins enfin le marche-pied, je monte avec difficulté, me cramponne à la porte. Soudain, comme si la vie voulait rattraper le temps perdu, les gens marchent beaucoup plus vite, les aiguilles de la grande horloge du quai n°6 s'affolent et font plusieurs tours du cadran avant de retrouver l'heure exacte, tout s'accélére. Les billets sont compostés à la chaîne dans un temps qui dépasse l'entendement et le petit garçon assis sur le banc finit son pain au chocolat en deux bouchées et demi. Les aiguilles se sont arrêtées, il est 10:32:56, le train s'éloigne peu à peu, j'écrase mon nez contre la vitre, une buée épaisse entoure mon visage.
Je vais bien.
Ce n'est pas si loin.

# Posté le lundi 01 septembre 2008 10:04

Sous moi, le vide.

Sous moi, le vide.

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Mais moi j'ai tellement peur que tu m'oublies, que ces heures passées à deux s'avèrent être inutiles.
J'ai peur que nos souvenirs s'envolent comme les volutes de fumée au bout de tes doigts.
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# Posté le mardi 09 septembre 2008 14:35

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 13:56

____________________Il devait être dix-huit heures et trente sept minutes.
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Je marchais dans ma rue, les yeux embués. Une main crispée sur mon portable et mon cerveau qui, à force de retourner cette situation impossible dans tous les sens, allait exploser. Comme pour accentuer le côté mélodramatique de la scène, une chanson triste * défilait dans mes oreilles avec pour seul but de faire couler des torrents sur mes joues.
Le soleil se couchait derrière les toits, j'étais seule dans la rue, ma tête était saturée de tous ses messages et mes yeux regardaient dans le vide. Je n'y croyais pas.


Je n'y crois toujours pas. ____________________

# Posté le vendredi 26 septembre 2008 11:22

And I drink Cups of tea.

And I drink Cups of tea.
Nous sommes toutes les deux sur la route des Grandes Ventes, il ne fait pas très beau mais il ne pleut pas non plus. Le temps est gris. Nous traînons nos sacs et nos duvets avec difficulté, nous marchons sur le bord de la route depuis vingt minutes et toutes les voitures nous interrogent du regard. La lumière de fin de journée coupe à travers les champs, tu finis par demander à de vieux si on est bien sur la bonne route, l'un te répond qu'il faut tout redescendre et que l'on s'est trompées, l'autre s'esclaffe. Mais c'est une blague en fait. La voiture finit par nous trouver après trois kilomètres. Il y a déjà cinq personnes dedans plus un nombre incalculable d'objets en tous genres. J'ai même l'impression que la voiture ne pourra jamais monter les côtes mais tout le monde se sert, je monte sur tes genoux et si jamais je vois la police, je dois me coucher en travers les sièges.
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Il est presque seize heures à Tabarka, en Tunisie. Je fais de la mobylette pour la première fois et j'ai cet incroyable sentiment de liberté qui m'envahit dès que mon poignet actionne l'accélérateur. Les mobylettes forment une grande file indienne sur le bord de la route caillouteuse, on porte des maillots orange fluo moches. La route est abîmée, quasi-inexistante par endroits mais je n'ai pas peur. Le soleil tape déjà sur les routes de Tunisie, on dirait presque une scène de "Carnets de Voyage", je ne peux m'empêcher de sourire. Les collines et les champs asséchés s'étendent à perte de vue, on croise des familles sur le bord de la route et les gosses nous font de grands signes amicaux. On traverse plein de petits villages pour enfin s'arrêter dans un café perdu. Les hommes boivent du café et parlent arabe, je me sens agréablement bien. Je préfère commander un thé à la menthe plutôt qu'une bouteille de Coca. L'eau bouillante touche mes lèvres, c'est doux et sucré, les feuilles de menthe flottent dans le verre et je contemple chaque chose avec des yeux écarquillés. Il y a de la mosaïque bleue sur les murs et une glycine qui recouvre la terrasse. J'écoute les gens parler, j'aimerai les comprendre mais il faut déjà repartir.

# Posté le vendredi 26 septembre 2008 14:43

Modifié le dimanche 28 septembre 2008 13:49

'J'ai la tête qui tourne'. 'C'est pas grave, c'est la bière'.

'J'ai la tête qui tourne'. 'C'est pas grave, c'est la bière'.
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Seize années que je respire.


Je trouve la maison de Louise avec difficulté, il fait déjà nuit et froid aussi. Ils sont tous là, assis autour de la table du garage à manger des Prince au chocolat. Ses parents daignent enfin partir, nous laissant le garage et les petits qui dorment à l'étage. Un premier verre de muscat que je savoure en me léchant les lèvres et puis la première clope de la soirée aussi. J'enchaîne.
Ca fait du bien d'être avec Vous*, ça faisait longtemps. Trop longtemps. M. est déchirée en avance, je joue avec un ballon de baudruche avec L. Et je parle beaucoup (trop?) avec lui. Ce dernier et M., l'autre, jouent de la guitare sur le bord du trottoir, O. est emmitoufflée dans une vieille couverture jaune et elle chante. Sa voix me donne des frissons, je bats la mesure. On chante. Et puis je me lève, je tourne sur moi-même est m'écroule sur le bitûme, le ballon à la main, je ne l'ai pas quitté. Clémence rigole, moi aussi. On a tous l'air bête. L., l'autre, parle avec V. et je sais qu'ils vont sortir ensemble. M. se tape E. contre un mur. Je me souviens du prénom de J. et il se fout de moi. Je tiens un bout de veste de L. entre mes doigts, mais A. vomit par la fenêtre. Il y a une grosse traînée marron le long du mur. C'est les parents de Louise qui vont être contents, je me dis.
Il est 1h du matin, je redescends Place Pompon (le nom fait rire L.) avec lui et M., le premier attend son père et le second n'attend rien du tout.

Et puis on entend du bruit qui vient de derrière une maison. Ce sont T., H. et V., l'autre. Je cours vers eux et je saute dans les bras de V., ils ont l'air content de me revoir. Moi aussi. Je dis aurevoir aux deux autres et on s'en va. On se retrouve dans la rue à parler de tout et de rien en se dirigeant vers "là où on pend la crémaillère", on débarque chez le frère de Lucas. Je trouve la coïncidence assez folle. Rue Saint-Nicolas, une grande porte verte. Je monte les escaliers en butant sur chaque marche, on croise des dizaines de personnes que je ne connais pas et que je ne reverrai sans doute jamais. H., rit de me voir les saluer comme de vieilles connaissances. Je regarde mes pieds et les marches qui défilent, elles sont en carrelage octogonal rouge avec une bordure en bois. La rampe est en fer forgé, belle. La porte de l'appartement est ouverte, on passe devant la cuisine où huit personnes parlent, boivent et fument et puis on arrive dans le salon, il y a R. sur le canapé. Il est très beau et il me fait un énorme sourire. Je m'approche, m'assoit dans le fond, dans le creux du tissus. C'est confortable. Je reste là quelques minutes à regarder les gens défiler, il y en a plein. Soudain, H. m'entraîne dans la pièce-de-derrière, il y a plein de monde, c'est une chambre je crois. Il y a des allemandes qui parlent anglais et je trouve ça étrange. L'une s'appelle Dani et parle vite fait avec H.
J'ai envie d'acheter une bouteille, alors H. vient avec moi. On file à l'arabe du coin pour une bouteille de mousseux à deux euros pile. Je prends le sac plastique que me tend le mec et on sort. H. demande une cigarette à une fille qui ressemble à une prostituée mais elle refuse. On fait péter le bouchon dans la rue, et le bouchon s'envole loin dans la nuit. La mousse sort de la bouteille, j'ai l'honneur de boire la première gorgée mais je recrache tout, je ne sais pas pourquoi. Il me dit que je suis nulle et ça me fait rire et lui aussi. On repasse la grand porte verte et on entre dans la cour intérieure, la musique sort des fenêtres à l'étage et on boit quasiment toute la bouteille en fumant. H. décide de remonter, je titube un peu et recommence la cérémonie des "bonjour" aux personnes que je croise. On se (re)pose dans le canapé, pour bouger nos bras en cadence sur du reggae. Des potes de Gil viennent me parler. Il y a vraiment plein de monde ici. Même un mec qui est à Corneille. On reste plusieurs heures là, à ne presque pas parler et à regarder les gens passer et nous regarder bizarrement. Je ne m'en rends même pas compte, je suis bien sur ce canapé défoncé, avec vous.
Mais il faut partir, les flics viennent de passer. On se casse, on ne dit aurevoir à personne et on prend la route pour retourner à Sotteville. En temps normal, le trajet m'aurait paru long mais dans ces conditions tout passe incroyablement plus vite. I. et sa pote sont devant ou derrière nous, je ne sais plus. On est tous les cinq, au milieu de la route. Vous vous arrêtez pour faire des pompes sur un passage clouté et je suis votre coach sportif, on essaie de rentrer dans la statue en ferraille près de la place Voltaire, alors que vous vous baissez tous, je dois me mettre sur la pointe des pieds et ça vous fait rire. On arrive enfin chez H., V. est reparti chez lui et R. et T. on oublié leurs clés alors ils viennent dormir. Je vous regarde vous faire des sandwichs à la rillette, il est 4h et quelques. On s'emmitouffle dans nos duvets, dernier combat de pouce avec R., j'ai la tête qui tourne. On s'endort et des fois je me réveille au beau milieu de la nuit. Il est a côté de moi, des fois nos têtes se touchent. J'ai froid.

Dix heures moins le quart du matin, je dois partir. Tu sors en calbut dehors juste pour ouvrir la barrière, tu vas te recoucher. Je rentre chez moi à pied, presque personne dans les rues, je suis crevée. Il fait toujours aussi froid et les quelques rayons de soleil ne suffisent pas à réchauffer l'atmosphère.


Malgré le froid et mes idées à l'envers, je vais tellement bien que je le crierai au premier passant venu.

# Posté le mardi 30 septembre 2008 06:03

Modifié le mercredi 08 octobre 2008 13:57

J'ai besoin de soleil en ce moment.

Les filles. Les filles. Les filles.




______________________________________________________________________Comme un manque à ma vie.
J'ai besoin de soleil en ce moment.

# Posté le vendredi 03 octobre 2008 13:16

Modifié le mardi 07 octobre 2008 14:07