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Seize années que je respire. Je trouve la maison de Louise avec difficulté, il fait déjà nuit et froid aussi. Ils sont tous là, assis autour de la table du garage à manger des Prince au chocolat. Ses parents daignent enfin partir, nous laissant le garage et les petits qui dorment à l'étage. Un premier verre de muscat que je savoure en me léchant les lèvres et puis la première clope de la soirée aussi. J'enchaîne.
Ca fait du bien d'être avec Vous*, ça faisait longtemps. Trop longtemps. M. est déchirée en avance, je joue avec un ballon de baudruche avec L. Et je parle beaucoup (trop?) avec lui. Ce dernier et M., l'autre, jouent de la guitare sur le bord du trottoir, O. est emmitoufflée dans une vieille couverture jaune et elle chante. Sa voix me donne des frissons, je bats la mesure. On chante. Et puis je me lève, je tourne sur moi-même est m'écroule sur le bitûme, le ballon à la main, je ne l'ai pas quitté. Clémence rigole, moi aussi. On a tous l'air bête. L., l'autre, parle avec V. et je sais qu'ils vont sortir ensemble. M. se tape E. contre un mur. Je me souviens du prénom de J. et il se fout de moi. Je tiens un bout de veste de L. entre mes doigts, mais A. vomit par la fenêtre. Il y a une grosse traînée marron le long du mur. C'est les parents de Louise qui vont être contents, je me dis.
Il est 1h du matin, je redescends Place Pompon (le nom fait rire L.) avec lui et M., le premier attend son père et le second n'attend rien du tout.
Et puis on entend du bruit qui vient de derrière une maison. Ce sont T., H. et V., l'autre. Je cours vers eux et je saute dans les bras de V., ils ont l'air content de me revoir. Moi aussi. Je dis aurevoir aux deux autres et on s'en va. On se retrouve dans la rue à parler de tout et de rien en se dirigeant vers "là où on pend la crémaillère", on débarque chez le frère de Lucas. Je trouve la coïncidence assez folle. Rue Saint-Nicolas, une grande porte verte. Je monte les escaliers en butant sur chaque marche, on croise des dizaines de personnes que je ne connais pas et que je ne reverrai sans doute jamais. H., rit de me voir les saluer comme de vieilles connaissances. Je regarde mes pieds et les marches qui défilent, elles sont en carrelage octogonal rouge avec une bordure en bois. La rampe est en fer forgé, belle. La porte de l'appartement est ouverte, on passe devant la cuisine où huit personnes parlent, boivent et fument et puis on arrive dans le salon, il y a R. sur le canapé. Il est très beau et il me fait un énorme sourire. Je m'approche, m'assoit dans le fond, dans le creux du tissus. C'est confortable. Je reste là quelques minutes à regarder les gens défiler, il y en a plein. Soudain, H. m'entraîne dans la pièce-de-derrière, il y a plein de monde, c'est une chambre je crois. Il y a des allemandes qui parlent anglais et je trouve ça étrange. L'une s'appelle Dani et parle vite fait avec H.
J'ai envie d'acheter une bouteille, alors H. vient avec moi. On file à l'arabe du coin pour une bouteille de mousseux à deux euros pile. Je prends le sac plastique que me tend le mec et on sort. H. demande une cigarette à une fille qui ressemble à une prostituée mais elle refuse. On fait péter le bouchon dans la rue, et le bouchon s'envole loin dans la nuit. La mousse sort de la bouteille, j'ai l'honneur de boire la première gorgée mais je recrache tout, je ne sais pas pourquoi. Il me dit que je suis nulle et ça me fait rire et lui aussi. On repasse la grand porte verte et on entre dans la cour intérieure, la musique sort des fenêtres à l'étage et on boit quasiment toute la bouteille en fumant. H. décide de remonter, je titube un peu et recommence la cérémonie des "bonjour" aux personnes que je croise. On se (re)pose dans le canapé, pour bouger nos bras en cadence sur du reggae. Des potes de Gil viennent me parler. Il y a vraiment plein de monde ici. Même un mec qui est à Corneille. On reste plusieurs heures là, à ne presque pas parler et à regarder les gens passer et nous regarder bizarrement. Je ne m'en rends même pas compte, je suis bien sur ce canapé défoncé, avec vous.
Mais il faut partir, les flics viennent de passer. On se casse, on ne dit aurevoir à personne et on prend la route pour retourner à Sotteville. En temps normal, le trajet m'aurait paru long mais dans ces conditions tout passe incroyablement plus vite. I. et sa pote sont devant ou derrière nous, je ne sais plus. On est tous les cinq, au milieu de la route. Vous vous arrêtez pour faire des pompes sur un passage clouté et je suis votre coach sportif, on essaie de rentrer dans la statue en ferraille près de la place Voltaire, alors que vous vous baissez tous, je dois me mettre sur la pointe des pieds et ça vous fait rire. On arrive enfin chez H., V. est reparti chez lui et R. et T. on oublié leurs clés alors ils viennent dormir. Je vous regarde vous faire des sandwichs à la rillette, il est 4h et quelques. On s'emmitouffle dans nos duvets, dernier combat de pouce avec R., j'ai la tête qui tourne. On s'endort et des fois je me réveille au beau milieu de la nuit. Il est a côté de moi, des fois nos têtes se touchent. J'ai froid.
Dix heures moins le quart du matin, je dois partir. Tu sors en calbut dehors juste pour ouvrir la barrière, tu vas te recoucher. Je rentre chez moi à pied, presque personne dans les rues, je suis crevée. Il fait toujours aussi froid et les quelques rayons de soleil ne suffisent pas à réchauffer l'atmosphère.
Malgré le froid et mes idées à l'envers, je vais tellement bien que je le crierai au premier passant venu.